Filière céréales

29 février 2016 à 17:13

Sur la campagne céréalière 2015/2016, la loi de l’offre et de la demande aura été dure pour les producteurs français. Du côté de l’offre, on note une collecte de céréales particulièrement volumineuse au niveau mondial, avec une origine France fortement concurrencée par les pays tiers, sur les qualités comme sur les prix, à la faveur d’un fret maritime à des taux historiquement bas. Ce contexte de marché a pesé sur les cours français, qui atteignent aujourd’hui des niveaux inférieurs à ceux des coûts de production. Au prix actuel, de nombreux agriculteurs préfèrent différer la commercialisation de leurs céréales en attendant une hypothétique inversion de tendance des cours.

Or, il n’y a pas véritablement de facteur haussier à court terme : le phénomène El Niño n’a pas eu les effets redoutés sur le climat, l’état des cultures est globalement satisfaisant chez les principaux pays producteurs, le risque de gelées tardives s’éloigne peu à peu et le ralentissement de l’économie en zone Asie ne milite pas pour une reprise de la consommation des céréales.

En France, la seconde partie de la campagne céréalière sera donc placée sous le signe de la logistique puisqu’il s’agira d’exporter, dans les meilleurs délais, les volumes suffisants pour faire de la place pour la récolte 2016 dans les silos des collecteurs. En admettant bien sûr que les vendeurs reviennent aux affaires et que le marché retrouve une certaine liquidité. C’est ainsi l’ensemble des maillons du transport et de la manutention (camions, trains, silos portuaires, navires) qui seront sollicités à pleine cadence. Avec l’arrivée de la nouvelle récolte se posera la question des capacités de stockage disponibles pour mettre la collecte à l’abri…

A La Rochelle, le mois de mars s’annonce déjà bien meilleur pour les exportations de céréales, avec un panel de pays destinataires qui s’étoffe : Chine, Arabie Saoudite, Algérie, Cuba, Congo… Tout allant bien, on peut s’attendre, sur la campagne céréalière qui s’achèvera le 30 juin, à un niveau d’export équivalent voire supérieur à celui de la campagne précédente, ainsi qu’à des stocks de report importants. Ce qui laisse augurer d’un fort potentiel d’exportation pour la suite, notamment pour le blé tendre, qui représente plus de la moitié des tonnages embarqués au départ de La Pallice.

Crimson Ace BD

Crédit photo Thierry Rambaud Port Atlantique La Rochelle 


Simon Aimar rédacteur de l’article est Directeur « Activités Céréales » au sein du Groupe Sica Atlantique (NDLR)